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Seniors : bientôt la fin du cumul emploi-retraite ?

information fournie par BFG Capital 24/01/2026 à 08:09

retraité triste (Crédits: Adobe Stock)

retraité triste (Crédits: Adobe Stock)

Depuis sa création, le cumul emploi-retraite a été ajusté à plusieurs reprises, au gré des réformes des retraites. Jusqu'ici, il offrait une vraie marge de manœuvre à ceux qui souhaitaient rester actifs, compléter leurs revenus ou transmettre leur savoir-faire.

Mais dans un contexte de finances sociales sous tension, le gouvernement a décidé de reprendre la main. C'est donc une refonte complète du dispositif qui attend tous les assurés liquidant leur retraite à compter de 2027.

A ce jour, on dénombre 600 000 personnes qui cumulent pension et revenus d'activité. Vous en faites partie ?

Le cumul emploi-retraite, comment ça fonctionne ?

En 2026, le cumul emploi-retraite fonctionne selon une logique relativement lisible. Tout dépend de la manière dont les droits à la retraite ont été liquidés. Les retraités ayant fait valoir leurs pensions à taux plein et à l'âge légal de leur génération peuvent bénéficier d'un cumul dit “intégral”. Dans ce cas, les revenus issus de la reprise d'activité s'ajoutent aux pensions, sans plafond ni réduction. Depuis la réforme de 2023, ces cotisations permettent même, sous conditions, de générer une seconde pension, plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale.

À l'inverse, quand ces conditions ne sont pas réunies, le cumul est dit “limité”. Les revenus d'activité sont plafonnés et ne génèrent aucun droit supplémentaire. Un cadre plus contraignant, mais qui reste financièrement intéressant.

Ce système hybride a permis à de nombreux seniors de prolonger une activité après la retraite. Il aura aussi permis à certains secteurs en tension de conserver des compétences précieuses. Mais cette logique va bientôt changer…

Dès 2027, un cumul emploi-retraite beaucoup plus restrictif

La réforme à venir repose sur un principe simple : l'âge devient le seul critère. Trois situations distinctes sont prévues, avec des conséquences très inégales.

Premier cas le plus pénalisant : les retraités qui reprennent une activité avant l'âge légal de départ à la retraite prévu pour eux. Cela concerne notamment les carrières longues ou les départs pour inaptitude. Dans ce scénario, les nouveaux revenus seront déduits euro pour euro des pensions. Autrement dit, un retraité qui perçoit 2 000 € bruts de pension mensuelle et 1 000 € de revenus d'activité verrait sa pension réduite à 1 000 €, sans possibilité de créer de nouveaux droits. La nouvelle activité ne génère ainsi plus de gain réel. Elle se substitue seulement à la pension.

Deuxième situation : la reprise d'activité entre l'âge légal et 67 ans. Le cumul reste possible mais sera limité. Ce n'est pas encore définitif, mais un plafond annuel de revenus est évoqué autour de 7 000 € bruts par an. Au-delà, les revenus excédentaires seront pris en compte à hauteur de 50 % en déduction de la pension. Par exemple, pour un retraité qui perçoit 12 000 € bruts de revenus d'activité sur l'année, sa pension serait amputée de 2 500 euros. Là encore, l'intérêt financier diminue rapidement.

Enfin, troisième cas : la reprise ou la poursuite d'une activité après 67 ans. Dans cette configuration, le cumul redevient intégral. Les pensions et les revenus s'additionnent sans plafond, et les cotisations permettent à nouveau d'acquérir des droits à une seconde pension, toujours plafonnée à 5 % du PASS. Un décret attendu doit encore préciser certains points sensibles, notamment en cas de reprise chez le dernier employeur.

En conclusion

Face à ce durcissement, une stratégie se dessine clairement pour les seniors concernés. Si vous souhaitez profiter des règles actuelles, il faut partir en retraite avant fin 2026.

Derrière cette refonte, le gouvernement adresse un message clair : le cumul emploi-retraite ne doit plus être un levier d'optimisation individuelle, mais un dispositif strictement encadré. Le travail après la retraite est toléré, mais de moins en moins encouragé financièrement, sauf à attendre 67 ans…

Pour Alireza Gorzin, président de BFG Capital, cette mesure vient renforcer l'idée que la retraite s'anticipe tôt, dès lors même que la vie active commence. “Aujourd'hui, les pensions de retraite diminuent et les avantages fiscaux s'amenuisent. Si la retraite par répartition reste la norme nationale, les Français doivent tout de même se préparer individuellement et le plus tôt possible afin d'aborder sereinement cette partie de leur vie.”

Pour les retraités concernés, la question n'est donc plus seulement de savoir s'ils souhaitent retravailler, mais quand ils liquident leurs droits. Car à partir de 2027, le cumul emploi-retraite ne sera plus un outil de liberté financière, mais un mécanisme surveillé, où chaque euro gagné pourra se traduire par un euro perdu.

Achevé de rédiger le 19 janvier 2026 par Amélie Yem, Responsable Communication et Marketing chez BFG Capital

6 commentaires

  • 12:38

    Le Smicard qui touche une petite retraite ne peut pas la cumuler avec quelques heures effectuées pour mettre du beurre dans les épinards.Un cadre supérieur retraité crée une SASU et se rémunère uniquement en dividendes, ce qui n'a aucune incidence sur la retraite qu'il perçoit.Mais qu'on laisse donc travailler ceux qui le souhaitent, voire qui en ont besoin. En plus, cela ramène des cotisations à la Sécurité sociale.


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